L'introduction en bourse titanesque d'Uber fait couler beaucoup d'encre et laisse perplexe plus d'un analyste qui estime que la société et surcapitalisée. Aucun ne le dit clairement comme cela, par peur d'avoir mal compris quelquechose. Le site 24pm.com met les pieds dans le plat.
Dans un article qui dénonce les dérives sociales et financières d'Uber, 24pm academy
Découvrez donc, sur Avenir Innovation, une synthèse de cet article sur les raisons de ne pas participer à l'introduction en bourse d'uber.
L’introduction en bourse d’Uber représente l’aboutissement de l’une des pires formes d’ultra libéralisme directement lié la crise sociale et financière qui mine le monde depuis la crise de 2008.
Les raisons exposées par 24pm Academy de ne pas participer à l'introduction en bourse d'Uber.
Il est trop tard
L'entreprise dans son ensemble a fait preuve de malhonnêteté de façon répétée
Uber n'est pas rentable
La valorisation est délirante
Les investisseurs sont pressés de faire leur exit
Le business model n'est pas validé
Uber repose sur le modèle de la marketplace qui fonctionne rarement et repose sur un ressort essentiel, dont on ne parle pas parce que cela ternit le story telling officiel : le prix. La marketplace d’Amazon perd de l’argent chroniquement. Blablacar n’est pas rentable. La marketplace Cdiscount n’est pas rentable 10 après son lancement. Mais ces plateformes sont encore vivantes. C’est déjà bien, car la plupart des marketplaces lancées dans les années 2000 ont péri.
Uber est une marketplace classique : elle dépense des fortunes pour acquérir des clients, qui ne lui permettent pas de dégager de marge, parce qu’ils viennent d’abord et avant tout chercher du prix. Dès qu’ils trouvent moins cher, ils s’en vont, quelque soit la notoriété de la marque.
Uber, c'est la spéculation à tous les étages
En tant que pionnier de l’internet depuis 1996, l’auteur de l'article de 24pm qui a créé deux marketplaces, avait pris soin de s’assurer que le niveau de rémunération des fournisseurs serait toujours « justes » et des investisseurs de l’autre, si tant est que l’on puisse définir la justice des rémunérations.
Parce que si le nouveau paradigme, c’est remplacer des salariés par des indépendants corvéables et jetables pour gagner la bataille des coûts, c’est plutôt ancienne économie, genre économie du XIXieme siècle où les travailleurs étaient payés à la tâche et à des niveaux dérisoires.
Pourquoi cela est-il au coeur du modèle Uber ? Parce que c’est le seul moyen de faire trouvé par ses fondateurs pour faire de la croissance sur des marchés murs et saturés dans tous les pays, par des millions de taxi déjà en place.
Sans cette stratégie de coûts, pas de croissance et sans croissance par de plus value mirobolante pour les investisseurs.
Sans plus value mirobolante, pas de levée de fonds
Sans fonds, pas de développement, puisque le modèle Uber perd chroniquement de l’argent.
Tout est complètement artificiel dans le modèle Uber.
Uber c'est le moins disant social
Si l’on se fait au story telling officiel, Uber permet l’intégration de travailleurs, notamment « issus de l’immigration » qui n’avaient pas ou pas assez, accès au marché du travail. En plus, Uber leur donne la liberté : ils peuvent travailler au rithme qu’ils veulent, sans patron et s’organiser comme il le souhaite. Ils peuvent même travailler pour d’autres plate-formes de VTC.
La réalité est beaucoup moins rose : la prochaine fois que vous « prenez un uber », ayez la curiosité de discuter avec le chauffeur Uber et de lui demander s’il est satisfait de leur relation avec Uber.
Il vous dira probablement qu’il travaille 60 à 70 heures par semaine, pour gagner au final entre 1500 € et 2000€.
70 heures/semaine X 4,5 semaines en moyenne : 2000€/315h = 6,34€.heures
Evidement, les chiffres officiels d’Uber sont très différent de ces chiffres : la rémunération horaire charges déduites des chauffeurs d’Uber serait de 9,15€/heure...
Introduction en bourse d’Uber: Concurrence intense et Winner takes all
Par nature, Uber ne peut créer d’avantage lui permettant d’obtenir une position similaire à Google et sera durablement exposé à la concurrence. Cela pèsera sur ses marges et ses bénéfices ne seront pas collossaux.
Même si Uber bascule entièrement sur le modèle du taxi autonome et se débarrasse de ses chauffeurs, Uber se trouvera confrontés à la concurrence des constructeurs automobiles dont certains lorsque sur le marché du ride hailing (Daimler, Renault entre, mais probablement aussi les constructeurs chinois qui s’appuieront probablement sur la mutation des business models pour pénétrer les marchés occidentaux).
Introduction en bourse : le sens de votre investissement
Investir dans un modèle, c’est accorder un vote de confiance à cette société et à ses valeurs.
Compte tenu de tout ce qui vient d’être exposé, investir dans Uber, c’est encourager un modèle particulier et pousser l’évolution dans la société dans une certaine direction.
Pour savoir si vous avez envie de pousser le modèle Uber, je vous encourage à vous poser une question : aimeriez-vous que vos enfants deviennent chauffeur Uber ?






