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Apple change le monde, Google l'améliore

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Google serait la star de l'internet. Apple resterait un outsider. Pourtant, Apple Corp est plus performante que Google Inc non seulement en terme d'innovation, mais aussi en terme de rentabilité. En témoignent ses résultats financiers du premier trimestre 2010.

Le communiqué de presse du 21 avril d'Apple est plus qu'éloquent.


"La Société a enregistré un chiffre d'affaires de 13,5 milliards $ et un résultat net trimestriel de 3,07 milliards $, Ces résultats sont à comparer à un chiffre d'affaires de 9,08 milliards $ et à un résultat net trimestriel de 1,62 milliard $,  pour le même trimestre de l'exercice précédent. La marge brute générée a représenté 41,7 %, en progression par rapport aux 39,9 % enregistrés au cours du même trimestre de l'exercice précédent. Les ventes à l'international ont représenté 58 % du chiffre d'affaires du trimestre.

Apple a vendu 2,94 millions d'ordinateurs Macintosh® au cours du trimestre, ce qui représente une augmentation de 33 %. Au cours du trimestre, la société a vendu 8,75 millions d'iPhone, soit une croissance de 131 %. Au cours du trimestre, Apple a vendu 10,89 millions d'iPod, ce qui représente une diminution de 1 %.

« Nous sommes ravis d'annoncer nos meilleures ventes trimestrielles de l'histoire d'Apple, hors période de fêtes, avec un chiffre d'affaires et un résultat qui progressent respectivement de 49 % et de 90 %, a déclaré Steve Jobs, CEO d'Apple. Nous avons lancé notre nouvel iPad révolutionnaire et les utilisateurs l'adorent déjà, et il nous reste encore plusieurs produits exceptionnels à sortir cette année. »

En face de cela le géant Google affiche un chiffre d’affaires de 6,775 milliards de $ (+23 %) et un bénéfice net de 1,955 milliard de $ (+37,4 %).

Les deux sociétés sont des exemples de performance économique et à la pointe de l'innovation technologique.

Mais surtout, là où Google réussit uniquement lorsqu'il perfectionne des services existants, Apple invente des marchés: il a construit son succès en construisant un altavista plus rapide et plus pertinent (Altavista était le leader de la recherche sur internet en 2000). Il a copié le modèle des liens sponsorisés inventé par Overture (cela représente 97% de ses revenus aujourd'hui). Il a lancé un service de webmail, Gmail, plus performant que les autres webmails. Il a lancé Android, un os pour téléphone mobile largement inspiré de celui de l'iphone, dont il a aussi copié, avec Google market, l'écosystème de l'iphone (Apple store). Google échoue à faire de Google Wave, Google Earth, Froogle ou encore Google Base, Google Xsite, Google Catalog, Google web accellerator, Google Coupons, Google Voice Search, la liste est longue.

Google ne réussit que lorsqu'il tente d'améliorer des services déjà existants et parfois, cela détonne: Google anlaytics, le système d'analyse d'audience de site est devenu la référence dans le monde entier en 3 ans. Gmail est devenu le challenger d'Hotmail entre 4 ans. Google Android, le système d'exploitation de Google pour téléphone mobile est devenu le challenger de l'iphone en un an. Mais il faut à Google de nombreuses tentatives pour y parvenir: échec de Google checkout face à Paypal en 2009. Echec de Google Answers face à Yahoo Answers en 2008. Echec de Froogle face à Shopping.com ou Kelkoo. En résumé, Google est une machine à benchmarker, améliorer et marketer des services online. Mais pas une machine à inventer des innovations de rupture. En quelques sortes, c'est un Carlos Ghosn de l'internet. Carlos Ghosn n'est pas un visionnaire de l'automobile, mais est un cost killer qui sait produire des modèles déjà existants beaucoup plus efficacement. Google sait faire des services déjà existants beaucoup plus efficacement.

En face de cela et bien que Steve jobs, PDG et fondateur d'Apple ait fait d'un axe stratégique dés ses débuts qu'Apple fixe les tendances au moins en terme de design et d'innovation, longtemps, Apple a souvent oscillé entre cette mission d'innovateur de rupture (qu'il a réussit avec l'Apple II qui a révolutionné la micro informatique et celui de suviveur (l'ipod est une amélioration des lecteurs PM3,) avec une meilleure ergonomie et un écosystème (itunes) plus puissant. Et par moment, la vision d'Apple est juste: l'iphone est en la démonstration. 50 millions d'iphones vendus entre juin 2007 et avril 2010. Facebook a 400 millions d'utilisateurs qui ne payent pas. Google 200 millions d'utilisateurs qui ne payent pas. Apple est parvenu à faire payer, directement ou indirectement près de $500 (le prix d'un ordinateur portable) à chacun de ses clients pour un téléphone amélioré.

En avril 2010, le lancement de l'ipad, promet de faire décoller la marché de l'ebook, jusque là étouffé par des Sony, Amazon ou Microsoft qui voulaient que l'ebook ne soit qu'une pale copie numérisée et inodore d'un livre papier. L'ipad fera naitre une nouvelle génération d'écrivains multimédia connectés et donnera lieu à l'émergence de nouveaux genres dans le domaine de la littérature scientifique, scolaire, de loisirs et évidement érotique.

Apple n'est pas parvenu à imposer de nombreuses innovations, mais lorsqu'il l'a fait, le monde en a été changé. Steve Jobs a donc tenu la promesse qu'il avait faite en 1983, à John Sculley lorsqu'il l'a débauché de Pepsi-Cola pour diriger Apple en lui disant : « Vous comptez vendre de l'eau sucrée toute votre vie ou vous voulez changer le monde avec moi ? ».