Les derniers livres inspirants


Devenir un papillon digital est il a votre portée ?

PDF Imprimer Envoyer

Agents, réorganisation, nouveaux marchés, nouveaux clients… c’est une véritable gageure qui s’annonce. Toutes les entreprises sont-elles capables d’amorcer ce virage ? Je ne sais pas mais lisez les lignes qui suivent : elles parlent d’une entreprise qui est partie très en retard dans la course à l’Internet, qui a rattrapé tous ses concurrents et est devenue le premier acteur Internet dans son pays.

Je me souviens d’une entreprise que l’on a souvent raillée à cause de sa soi-disant totale incompréhension d’Internet et du retard qu’elle a fait prendre au développement du réseau des réseaux en France. Je me souviens d’une entreprise, image même de la lourdeur des grands dinosaures publics. Je me souviens d’une entreprise dont les trois quarts des salariés devaient ignorer ce qu’était Internet, il y a encore deux ans seulement. Le commerce électronique se résumait pour elle au Minitel. Je me souviens d’une entreprise dont on disait qu’elle ne pourrait jamais quitter sa logique de réseau propriétaire fermé.

Un jour, une décision a été prise en haut, tout en haut de cette société. Et il a été décidé que l’entreprise se transformerait en papillon digital.

Aujourd’hui, elle possède un portail de recherche et un portail d’accès, dont la combinaison est devenue un des cinq principaux portails européens et qui pourrait bientôt devenir un des 5 leaders mondiaux qui survivront à la restructuration du marché qui est déjà largement amorcée. Elle détient 50% de l’accès Internet dans son pays. Elle maîtrise les technologies des réseaux à haut débit (câble, satellite, ATM) et a déjà pris une position dominante sur l’accès à Internet par ADSL. Elle est le leader de l’accès internet par téléphone cellulaire (wap). Elle développe aussi des agents intelligents. Elle a racheté deux sites d’e-commerce leaders dans leur domaine (Marcopoly pour l’électroménager, Alapage pour les produits culturels et Librissimo pour les livres). Elle gère des communautés autour des jeux vidéo (Goa), de l’éducation (@après l’école), du monde professionnel (B2B.fr), de la médecine (egora) et permet à n’importe quel internaute de créer des espaces communautaires autour de ses passions ou de son entreprise. Elle héberge plus de 40 000 sites de commerce web dont un millier de sites de commerce électronique. Elle propose des services d’annuaire téléphonique, de cartographie et d’information sur les sociétés.

Aujourd’hui, cette entreprise affiche d’excellents résultats financiers et ses bénéfices se comptent en milliards de dollars. C’est une des vedettes des marchés financiers. L’introduction de sa filiale Internet a été un tel succès qu’en dépit de la tempête boursière de l’année 2000, elle se permettait d’envisager début 2001 de faire de nouveaux appels aux marchés financiers pour lui donner les moyens de grandir encore. Elle a donc réussi à obtenir une capacité d’investissement inégalée et peut se permettre de racheter en chaîne de nombreux acteurs Internet.

Cette entreprise s’est transformée en l’espace de deux ans en Net Company.       
Cette entreprise ne s’appelle pas Microsoft.        
Cette entreprise n’est pas américaine.   
Cette entreprise est française.   
Cette entreprise s’appelle France Telecom.

C’est la plus grosse révélation que j’ai eue durant la réalisation de la première édition de ce guide. France Telecom est non seulement devenue le premier acteur de l’Internet en France mais dispose de toutes les cartes dans son jeu pour devenir le premier acteur de l’Internet Economie en Europe.

France Telecom, non seulement contrôle l’accès et l’infrastructure Internet en France et profite des centaines de millions d’heures de connexions téléphoniques que les internautes sacrifient à Internet, mais surtout, elle a su très intelligemment s’intégrer dans l’économie digitale en en contrôlant les nœuds stratégiques :

-        portails : Voilà –http://www.voila.fr–, http://www.wanadoo.fr, Voilà Mobile –http: //mobile.voilà.fr–

-        communautés : B2B –http://www.B2B.fr–, Goa –http://www.goa.com–, @pres l’école
–http://www.apreslecole.com–, Wanadoo Education –http://www.wanadoo-edu.com–

-        services : Le Mel –http://www.lemel.fr–, Voilà Clubs

-        Contenus professionnels : Questel Orbit –http://www.questel-orbit.com–, Kompass
–http://www.kompass.fr–

-        Contenus grand public : Encyclopédie Voilà –http://encyclo.voilà.fr–

-        Galerie marchande et back-office –http://www.telecommerce.com–

-        Hébergement et création de sites web : Domicile –http://www.domicile.fr–, Triel
–http://www.triel.fr–

-        Vidéo : Computer Channel –http://www.computerchannel.com–

-        Agents intelligents : comparaison de prix, recherche d’emploi, immobilier…

Mais France Telecom va renforcer sa position grâce à de multiples avantages (le câble avec France Telecom Câble –http://www.francetelecomcable.fr–, le satellite, la télédiffusion avec TDF –http://www.tdf.fr–) et a même le potentiel, tant technique que financier, pour partir à la conquête de l’Europe et de tout l’Internet : son portail Voilà possède une version hollandaise –http://www.wanadoo.nl–, espagnole –http://www.es.voila.com–. France Telecom semble être dans une position quasi unique à l’heure actuelle : c’est la seule société qui dispose à la fois d’un portail qui possède un très fort potentiel de croissance et des liquidités financières qui lui laissent autant de marge de manœuvre que les start-ups américaines comme Yahoo ! ou Amazon. Ceci signifie clairement que France Telecom se positionne en tant qu’intermédiaire incontournable dans le domaine du commerce électronique et devient ainsi un concurrent direct de Carrefour, d’Auchan ou des Trois Suisses, mais aussi de… Microsoft.

Prenant exemple sur France Telecom, Terra, l’opérateur historique de Telecom Espagnol a également entamé sa mutation et a même dépassé le maître dans la mesure où il est devenu le troisième conglomérat Internet à l’issu de sa fusion avec Lycos ; Terra Lycos Networks, le nouvel ensemble, accueille 31 millions de visiteurs par jour et affiche plusieurs milliards de pages sur l’ensemble des sites de son réseau, là où Voilà n’enregistre « que » 5 millions de visiteurs par jour et n’affiche « que » 600 millions de pages vues.

Il faut toujours se méfier des nouvelles espèces de papillons digitaux : France Telecom a entamé sa transformation bien avant celle de Terra, mais en acceptant d’intégrer un organisme mutant (Lycos), Terra a accéléré sa transformation.

Vous aussi, vous faites peut-être désormais partie des entreprises qui ont pris conscience de l’ampleur de la redistribution des cartes à laquelle on assiste avec l’émergence de l’Internet Economie. Vous vous demandez comment vous allez effectuer, tout comme France Telecom ou Microsoft, votre mutation et devenir des papillons digitaux ? C’est l’objet du tome 2 du Papillon Digital : Définir une stratégie de commerce électronique.

 

Articles connexes