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Réception (2)

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Si le parc des browsers pour micro-ordinateurs de bureaux est définitivement contrôlé par Microsoft et Netscape, il reste encore de nombreuses opportunités pour les éditeurs de logiciels de navigation destinés aux autres plates-formes qui permettront d’accéder à Internet (WebTV, accès Internet mobile…).

La stratégie de Microsoft a été plus complexe que celle de Netscape. Microsoft était non seulement éditeur du logiciel de Navigation Microsoft Internet Explorer, mais bénéficiait également de l’installation du système d’exploitation Windows 95, naturellement mieux intégré à Explorer. Microsoft a, par la suite, exercé une forte pression sur l’industrie informatique pour que seul Internet Explorer soit installé sur les PC livrés avec Windows 95, Windows 1998, Windows 2000 et Windows Millennium (c’est-à-dire la quasi-totalité des PC vendus). Craignant de ne plus bénéficier de conditions commerciales avantageuses de la part de Microsoft, les constructeurs ont accepté d’installer systématiquement le logiciel Explorer qui fait désormais partie intégrante du système d’exploitation Windows. Cette stratégie a permis à Explorer d’être adopté par 80% des internautes, début 2001.

En outre, Microsoft intègre la chaîne de façon verticale puisqu’il est présent dans :

-        la mise en place de sites marchands communautaires tels que CarPoint pour l’automobile (http://www.carpoint.com) ou Expedia pour le tourisme (http://www.expedia.com),

-        l’édition de logiciels spécialisés (Money),

-        la création de standards d’échanges transactionnels tels qu’OFX pour la banque en ligne,

-        la création de guides régionaux (intégrant eux-mêmes des galeries marchandes),

-        les serveurs webmarchands sur lesquels sera intégrée une partie de l’intelligence des systèmes d’assistants d’achat (j’imagine que Microsoft travaille activement à l’intégration de la technologie Firefly dans son offre de serveurs web marchands),

-        l’accès à Internet (téléphonie mobile par satellite, réseaux câblés aux Etats-Unis…).

On cerne donc facilement la position stratégique que Microsoft va acquérir car il a pour objectif de devenir un intermédiaire incontournable du commerce électronique.


Mais la partie n’est pas encore gagnée pour Microsoft car les browsers ont besoin de matériel pour fonctionner. Les constructeurs de PC, de téléphones mobiles bientôt systématiquement équipés d’un accès Internet, de WebTV (Internet sur la télévision pour la famille) et d’autoware (informatique embarquée dans les automobiles qui offrira un accès à Internet) choisissent les systèmes de navigation installés sur le matériel qu’il fabrique. Parfois, ces derniers créent eux-mêmes ces logiciels courcircuitant ainsi Netscape ou Microsoft. Mais il arrive (c’est le cas d’IBM et de Compaq) que les constructeurs passent des accords avec des sites portails pour que les browsers installés par leurs soins sur leurs machines se connectent automatiquement sur le site portail en question. Ce pouvoir explique que la politique de partenariats des grands portails et des leaders de l’e-commerce a laissé une belle part aux accords commerciaux avec les constructeurs d’ordinateurs, de téléphones cellulaires ou de WebTV.

Il existe encore d’autres systèmes matériels qui identifieront des occasions de consommation d’Internet pour y coupler des offres de commerce électronique, ce qui entraînera pour une même personne des modes d’accès multiples. De la même façon qu’aujourd’hui, un même individu téléphone tour à tour d’une cabine téléphonique, d’un téléphone portable, d’un téléphone d’hôtel, de son domicile ou même par un réseau câblé, Monsieur Tout Le Monde se connectera demain à partir de sa voiture, de son ordinateur, de son ordinateur de poche (type PSION), ordinateur de bureau, de son téléphone portable. Parfois même, il se connectera de façon transparente (par exemple, lorsqu’il passera le code barre de sa bouteille de détergent sur le lecteur installé sur sa poubelle, qui déclenchera un achat automatique auprès du supermarché le moins cher ou lorsqu’il appuiera sur le bouton rouge de sa montre pour commander des résultats sportifs, des informations touristiques, un service de guidage ou de dépannage).

Les fabricants des terminaux d’accès auront, eux aussi, des opportunités de créer un nouveau maillon dans la chaîne de valeur du commerce électronique.


 

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