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De la société agricole a la société industrielle (1)

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Une des différences majeures qui sépare les entreprises qui se développent des autres est leur aptitude à se projeter. Mais comment se projeter dans un univers aussi hétérogène et mouvant qu’Internet ?

La thèse que je défends dans les formations que j’anime sur le commerce électronique est la suivante : le fossé qui sépare la société industrielle de la société digitale est aussi grand que celui qui sépare la société agricole de la société industrielle.

Nous nous retrouvons, en quelque sorte, dans la peau d’un paysan de la fin du XVIIIème siècle qui voit les locomotives et les automobiles arriver, qui voit les manufactures se multiplier et qui se sent un peu dépassé car la société dans laquelle il a grandi est en train de fondamentalement changer.

Face à cela, il a plusieurs options :

-        refuser le changement et conserver sa façon de travailler,

-        essayer de se réapproprier les nouvelles technologies pour faire plus efficacement son travail de paysan : remplacer la charrue par un tracteur, la faux par la moissonneuse…

-        ou il pressent que les véritables gagnants de la nouvelle ère qui s’annonce se trouvent parmi les Renault, Michelin, Panhard, Dedion-Bouton ou Ford, qui font encore figure d’extraterrestres mais qui ne vont pas tarder à émerger. Il ne sait pas exactement qui seront les meilleurs d’entre eux, mais il sait que les futurs Rockefeller s’y trouvent. Mais pour rejoindre leur groupe, notre paysan va devoir abandonner son activité actuelle pour tout miser sur les nouvelles technologies, ce qui signifie quitter son village pour aller à la ville, se former, adopter une nouvelle culture, une nouvelle façon de parler, apprendre un métier dont ses parents ou amis n’ont jamais entendu parler avec l’espoir de revenir un jour au village triomphant… en deux mots, il choisit l’aventure !


De même, nous pouvons à l’aube de la société digitale :

-        refuser le changement et continuer avec nos anciennes habitudes de travail, continuer à proposer les produits et services que nous avons aujourd’hui dans notre catalogue en acceptant de céder progressivement de plus en plus de terrain face à ceux qui font d’autres choix,

-        nous réapproprier les nouvelles technologies pour faire plus efficacement notre travail actuel : utiliser l’email au lieu des lettres, un site web au lieu d’une plaquette papier, vendre sur Internet au lieu de vendre dans les magasins habituels…

-        entrer de plein pied dans la société digitale pour avoir une chance de créer un concept commercial comme Yahoo, quitter notre cadre de travail physique pour nous intégrer au réseau, nous former, comprendre et adopter les us et coutumes d’Internet, apprendre la nouvelle syntaxe multimédia, apprendre de nouveaux métiers (designer d’agents intelligents, world mediaplanner, référenceur de sites dans les outils de recherche, merchandiser de sites web…) avec l’espoir de revenir voir un jour les entreprises que vous avez laissées dans les bureaux de la zone industrielle de vieille ville en leur annonçant que vous avez désormais une chaîne de dix sites web spécialisés dans l’intermédiation communautaire.

-        prouver que la nouvelle économie n’est pas composée uniquement d’entrepreneurs irréalistes qui dépensent sans compter les millions des investisseurs crédules, mais que la majorité des netentrepreneurs sont des gens qui ont les pieds sur terre, qui travaillent dans la durée, font des heures supplémentaires et assument une prise de risque importante qui se traduit parfois par des réussites étonnantes, parfois par des échecs retentissants, et parfois par des entreprises « normales ».


Comme la plupart des entreprises aujourd’hui, vous avez probablement opté pour la deuxième solution : utiliser les nouvelles technologiques pour mieux faire ce que vous faites actuellement. C’est un choix comme un autre, mais il faut être conscient que c’est passer à côté du vrai potentiel des nouvelles technologies. Si vous optez pour la deuxième solution, vous choisissez de ne retenir que le tracteur de la société industrielle alors qu’il y a aussi le train, le supertanker, l’avion supersonique, l’automobile, les autoroutes, l’électroménager, les gratte-ciel, la télévision, l’électricité, la bombe atomique, le magnétoscope… De la même façon, le courrier électronique n’est qu’une simple transposition du courrier classique et la plupart des boutiques en ligne ne sont que des catalogues papier dont on tourne les pages avec une souris. Ces applications sont, en quelque sorte, les tracteurs de la société industrielle et il nous appartient de créer les futurs Ferrari ou Boeing de l’économie digitale.

 

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