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Les PED (Pays En Developpement) : outsiders ou loosers ? (2)

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L'Inde assurera la promotion de ses industries traditionnelles sur Internet et développera probablement une industrie du service Internet très forte (n'oublions pas que les développeurs informatiques indiens, parmi les meilleurs du monde, travaillent en sous-traitance pour de nombreuses firmes américaines).

Pour le Népal, parmi les idées qui peuvent être facilement exploitées, on peut penser au tourisme (le pays dispose d'un patrimoine culturel impressionnant) mais aussi à l'artisanat local (textile, sculpture, ciselerie...) à l'instar des produits de terroirs français qui s'exportent facilement sur Internet.

Certains pays traditionnellement opportunistes ont parfaitement vu l’intérêt qu’ils pouvaient tirer d’Internet. L’archipel des îles Tonga par exemple, est connu pour les projets économiques originaux que le roi Taufa’ Ahau Tupou IV imagine pour la centaine de milliers de sujets qui peuplent les Tonga : il a notamment tenté de mettre en place un système de troc du sucre produit localement en échange d’uranium, pour créer une centrale nucléaire sur son territoire, d’accueillir tous les pneus usagés de ses voisins ou de développer la pisciculture des rougets. C’est donc tout naturellement qu’il a accordé une licence à Netnames –http://www.netnames.com– pour distribuer le plus largement possible les noms de domaines des îles Tonga, créant ainsi des richesses digitales sans aucun investissement substantiel. Le nom de domaine détermine l’adresse du site web d’une entreprise. Ainsi, si Air France a pris pour nom de domaine airfrance.fr, son adresse web sera http://www.airfrance.fr. Le suffixe .fr permet ainsi de déterminer avec certitude que le site sur lequel vous vous trouvez est géré par une entreprise française. Il en va de même pour la plupart des entreprises européennes. Mais il existe certains suffixes comme le .com (attribué initialement aux entreprises commerciales), le .org (organisations à but non lucratif) et le .net (structures liées à la gestion d’Internet) qui sont attribués sans condition pour la modique somme de 70 dollars US. Comme le réflexe de l’internaute moyen est de taper www.microsoft.com ou www.wellsfargo.com lorsqu’il ne connaît pas l’adresse exacte, de nombreuses entreprises se sont hasardées à réserver en masse des noms de domaine intuitifs (love.com, automobile.com, engrais.com…) espérant les revendre un jour à des entreprises qui désireraient se réapproprier ces noms de domaine. Quelques exemples célèbres jalonnent déjà l’histoire du négoce de noms de domaine. Ainsi, television.com a été revendu un million de dollars. Altavista.com a été revendu plus de trois millions de dollars… Le .com étant devenu une denrée rare à cause de la spéculation, les îles Tonga ont décidé de permettre à n’importe quelle société (même située en dehors de l’Archipel) d’acheter son nom de domaine (contre $49 dollars par an). L’avantage pour l’entreprise est que les noms de domaine des îles Tonga se terminent par .to. On voit donc l’intérêt mnémotechnique que cela représente pour une entreprise anglo-saxonne de posséder une adresse du type www.come.to qui peut se décliner de multiples façons (www.come.to/mystore, www.travel.to/europe, www.sell.to…). Au-delà de l’anecdote, cet exemple prouve bien que dans l’économie de l’information, ce sont les pays les plus rapides et les plus malins qui ont l’avantage. Nul besoin d’une infrastructure physique lourde pour créer de la valeur virtuelle.

On peut également imaginer que les industries traditionnelles (textile pour le Maghreb, la Turquie ou la Thaïlande...) ou plus récentes (électronique grand public pour la Chine) peuvent être tentées de court-circuiter la distribution traditionnelle pour vendre en direct aux consommateurs dans les pays du Nord. Les marchés des matières premières (agrumes, céréales, cultures industrielles : sucre, cacao, thé...) sont des marchés très spéculatifs entièrement contrôlés par une poignée de sociétés de trading internationales, qui revendent leurs marchandises à des acheteurs industriels dans les pays développés. Grâce à Internet, les producteurs pourront commercer directement avec ces acheteurs industriels et rééquilibrer en partie les termes de l’échange qui leur sont pour le moment très défavorables : leurs prix de vente sont bas, non seulement en raison de la surproduction mondiale, mais aussi parce que les sociétés de trading réalisent des marges exceptionnellement élevées.

 

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