Les derniers livres inspirants


Le cheval de Troie inversé

PDF Imprimer Envoyer

Une thèse complètement opposée est pourtant défendue par quelques analystes. Le marché américain est le plus mûr ; ce qui signifie que c’est dans cette partie d’Internet que les clients (particuliers ou entreprises) sont les plus enclins à acheter. Oui, je répète, c’est sur le net américain que les clients se trouvent. “Bon sang, mais c’est bien sûr”, pensez-vous tout bas en souriant de satisfaction : si les entreprises américaines attendent que les marchés européens se développent, pourquoi ne pourrions-nous pas les prendre de vitesse en envisageant de vendre immédiatement nos produits aux 80 millions d’internautes américains qui sont déjà 30% à acheter ; plutôt qu’à chercher à vendre à des internautes français, dont seule une poignée se risqueront à laisser leur numéro de carte bleue sur le réseau ? Quitte à revenir plus tard sur le marché français dès qu’il sera mûr.

C’est l’un des aspects de la globalisation à la mode du commerce électronique qui est le plus intéressant pour les lecteurs français de ce guide. Mais pour réussir cette démarche, il faut acquérir une connaissance de chacun des marchés éloignés que l’on ignorait jusqu’à présent et peut-être que les opportunités pour votre entreprise ne se trouvent pas aux Etats-Unis mais, comme pour ce grossiste en vins de Bordeaux, en Asie. Jean-Baptiste Duquesne est jeune diplômé d’une école de commerce et œnologue amateur lorsqu’il se lance dans le négoce de vins de Bordeaux en octobre 1995. En même temps qu’il lance sa société, il crée un site Internet sans aucun budget. Dans le milieu fermé qu’est l’industrie viticole en France, il sait qu’il lui faudra beaucoup de persévérance pour s’imposer face à des concurrents solidement implantés. Trois mois après son lancement, ce site de quatre pages réussit à attirer près de 900 visiteurs par mois, probablement plus par curiosité que par réel intérêt puisqu’il est à l’époque le premier négociant de vins de Bordeaux à avoir basculé sur la toile. Et puis, au hasard des actions de promotion qu’il mène sur Internet, il entre en contact avec un distributeur de Hong-Kong qui semble intéressé. Il concentre alors ses efforts de promotion sur cette zone de l’Asie, tant et si bien que les contacts se multiplient. Il organise bientôt un voyage pour rencontrer trois futurs clients et réalise plusieurs centaines de milliers de francs de ventes (plus des trois quarts de son chiffre d’affaires fut réalisé à l’export) dès la première année grâce à cette manne venue d’Asie. Si vous visitez son site –http://www.win-some.com–, (le nom de sa société, Winsome est un jeu de mot : winsome signifie avenant, engageant en anglais et, si vous retournez le mot, vous obtenez “some wine”), vous constaterez qu’il n’y a aucune débauche de technologies Internet à la mode. Je pense même que son créateur ne m’en voudra pas si je dis qu’il est un peu monotone. En revanche, c’est l’intelligence et l’organisation de sa promotion qui ont permis à ce jeune entrepreneur de parvenir à en faire un outil commercial de choix. Il a en effet consacré environ deux heures par jour à l’animation et à la promotion de son site pour renouveler son contenu, gérer les contacts commerciaux, améliorer son référencement dans les outils de recherche ou communiquer dans les forums de discussion.

 

Articles connexes