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Hassan Hachem : « les transferts de technologie Sud Sud, clé du développement de l'Afrique »

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Longtemps, l'Afrique a occupé une part marginale sur l'échiquier économique mondial Elle était considérée comme une annexe des anciennes nations colonisatrices européennes et comme une sphère non stratégique par les Etats-Unis. Mais depuis l'avènement des pays dits émergents, les choses ont changé : ces derniers, à la recherche de débouchés pour leur savoir-faire, leur technologie et leurs produits, ont développé des relations économiques inédites avec l'Afrique. 


Sud-Sud : les transferts de technologie qui n'auraient jamais eu lieu sans le Sud

Ce continent s'est vu proposer, pour la première fois, des échanges presque équilibrés dans lesquels le pays africain est considéré comme  un partenaire avec qui l'on traite d'égal à égal et non plus comme un simple marché secondaire où l'on dépêche de façon ponctuelle une main d'œuvre qualifiée et surpayée et dont on se retire aussitôt la mission réalisée, sans se soucier d’un transfert de savoir-faire significatif.Expert de l'Afrique , en même temps serial entrepreneur du continent, Hassan Hachem né au Sénégal, nous  livre son point de vue. Aujourd'hui, la plupart des pays africains se retrouvent dans une situation inédite dans laquelle ils peuvent enfin obtenir des échanges équilibrés car des entreprises  de toutes origines souhaitent travailler avec eux : les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), les célèbres tigres asiatiques, les next 11 (onze pays parmi lefsquels le Bangladesh, l'Indonésie, l'Iran, le Mexique, le Pakistan, les Philippines, la Turquie, la Corée du Sud et le Vietnam) qui frappent à la porte de l'Afrique pour lui proposer des accords de co-développement, dans lesquels  cette dernière peut enfin obtenir ce qu'elle recherche depuis des années : transfert de technologies,  de savoir-faire, présence pérenne des entreprises sur leur territoire.

Si l'on en croit Hassan Hachem, qui ne cesse de conseiller aux jeunes ingénieurs en BTP de tenter leur chance en Afrique, le transfert de technologie serait l'un des aspects les plus importants. A l'échelle de l'histoire de l'économie mondiale, les deux derniers siècles font figure d'exception. Jamais une poignée de pays  n’est parvenue à conserver le contrôle de technologie durant aussi longtemps pour s'en servir comme instrument de domination économique. Normalement, lorsqu'une technologie apparaît, elle se diffuse naturellement et progressivement à travers le monde. Le quasi-monopole sur la technologie de pays comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, la Russie, l'Allemagne et plus récemment, le Japon est historiquement anormal. Un pays peut utiliser durant une durée limitée, son avance technologique avant que ce dernier ne disparaisse au fur et à mesure que la technologie se diffuse. Aujourd'hui, sous l'impulsion des pays dits émergents, la technologie se diffuse de manière accélérée à travers le monde et la situation se normalise, d'un point de vue historique. L'Afrique profite de ce retour à la normale.

Au début des années 2000 encore, lorsque l'on parlait de transfert de technologie Sud-Sud, on imaginait des transferts « bas de gamme ».  Selon Hassan Hachem « Aujourd'hui, la donne à changé car de nombreux pays ont un intérêt économique à diffuser leur technologie en Afrique. Si la Chine a opéré une percée aussi fulgurante sur ce continent, c'est grâce à des prix compétitifs, mais aussi parce qu'elle apporte  un savoir-faire et des technologies. Mais c'est peut-être entre pays africains que se trouve la   forme de transferts technologiques Sud-Sud la plus aboutie. Je pense notamment au rôle du Maroc en la matière qui exporte largement son savoir-faire en Afrique Subsaharienne et pas seulement dans les pays francophones. »

« J'ai été partie prenante dans plusieurs projets de transfert de technologies dans lesquels une entreprise du Sud décroche un marché dans un autre pays africain en créant une filiale de production locale destinée à rester durablement.   Je dois dire que ce type de projets me  tient particulièrement à coeur car il s'inscrit dans le cadre d'une démarche de développement durable pour le pays d'accueil », s'enthousiasme Hassan Hachem.

Il faudra encore du temps à l'Afrique pour rattraper son retard technologique, mais, dans une économie globalisée qui doute d'elle-même et présente de nombreux écueils en particulier, sur un plan écologique (épuisement des ressources naturelles, disparition de nombreuses espèces, pollution en tous genres...), on peut se féliciter que la mondialisation contribue à sortir certains pays de l'ornière en redistribuant quelques cartes...

 

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